23.12.2011
Je commence déjà à regretter mon vote…
Il y a une semaine, le Grand Conseil a voté un budget déficitaire à hauteur de 350 millions. Mon groupe, le groupe UDC, s’est divisé au moment du vote final. Certains d’entre nous, dont je fais partie, ont pensé non seulement qu’un refus n’était pas forcément très utile, mais surtout qu’il empêchait l’augmentation nécessaire des forces de l’ordre, ainsi que des gardiens de prison. De plus, la réforme du CO, que l’UDC a soutenu, implique également une augmentation de personnel, afin que la nouvelle loi atteigne les objectifs ambitieux qu’elle fixe.
Sécurité et enseignement… L’acrotère des tâches régaliennes. A mes yeux en tout cas. Et à ceux de nombreux démocrates (du centre ou pas) également. C’est donc avec cette vison d’un Etat qui protège et qui donne la possibilité à tous de s’épanouir que j’ai, pour la première fois, voté un budget déficitaire. Avec mes collègues qui ont suivi la même voie (ou voix au moment de « peser sur le bouton vert ») que moi, nous avons été très clairs : nous nous faisons violence, cette année et cette année uniquement, en acceptant ce déficit. Notre but est de laisser le temps au Conseil d’Etat de prendre les mesures structurelles pour combler ce gouffre et ceci sans augmentation fiscale. Nous avons d’ailleurs déjà lancé une piste de réflexion avec notre motion demandant l’augmentation de la durée hebdomadaire du temps de travail des fonctionnaires. S’en est une, mais d’autres solutions devront être explorées dans les mois à venir, afin de revenir à l’équilibre en 2013.
Quelle ne fût donc pas ma déception lorsque, mardi, j’apprends que par voie réglementaire le Conseil d’Etat commence par « tauper » de l’argent dans le porte-monnaie de la vache à lait préférée des politiciens du centre-gauche : les automobilistes. Augmentation du macaron et augmentation des tarifs des horodateurs… C’est tellement facile que cela devient presque mesquin ! Sans aucun risque de référendum, avec des conducteurs devront bien stationner leurs voitures et payer (la taxe ou l’amende pour les réfractaires), l’Etat va encaisser une toute petite poignée de millions. Qui ne règlera aucunement le problème de fond : l’Etat de Genève est trop « gras ». Ce genre « d’adaptation », vu que c’est le terme employé, ne peut se faire qu’une fois, voire deux… Et après ?
Le Conseil d’Etat a réussi un tour de force : après moins d’une semaine, je commence déjà à regretter mon vote…
11:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : grand conseil, conseil d'etat, genève, budget
21.03.2011
Les torpilles du PDC Vernier
Le PDC a décidé d’envoyer deux candidats au casse-pipe à Vernier. Pourquoi pas ? C’est leur droit. Certes les chances d’Yves Magnin et de Christophe Dulex sont nulles, tout le monde en conviendra. Mais ces candidatures-kamikaze ont forcément un but politique.
Yvan Rochat, Conseiller administratif en place, estime qu’il s’agit de faire le jeu du MCG. Avec tout le respect que je lui dois, il fait une analyse totalement erronée, ce qui est pour le moins étonnant de la part d’un Président de parti. En effet, les sièges des deux Thierry, Apothéloz pour les socialistes et Cerutti pour le MCG, sont quasiment assurés lors du scrutin du 17 avril. Le résultat de l’élection au Conseil municipal et les scores individuels sont là pour le démontrer. Par contre, c’est la place du Président des verts qui est en jeu. Et vu sous cet angle, les candidatures PDC devraient le réjouir, car elles vont probablement faire perdre des plumes au libéral Pierre Ronget et, dans une moindre mesure, à la candidature UDC.
Le PDC, comme l’ensemble de la droite verniolane, n’a pas digéré l’alliance (certains parlent de trahison) des libéraux avec la gauche. Avec cette double candidature, il le leur font payer en torpillant Pierre Ronget. Et désormais, le plus gros risque qu’encourt Yvan Rochat est un éventuel deuxième tour face à la candidate UDC… Je ne pense pas qu’il en fera des cauchemars !
16:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vernier, conseil administratif, élection
07.03.2011
Appel aux électeurs libéraux de Vernier
Electeurs verniolans qui vous reconnaissez dans les valeurs libérales, l’association libérale de Vernier vous a trahi. Et cette trahison ne date pas des fumeuses déclarations d’intention d’alliance avec la gauche de leur leader charismatique, Pierre Ronget, mais de bien avant.
D’il y a trois ans, pour être exact. De ce jour où, pour battre le candidat MCG et accéder au Conseil administratif, le même homme avait déjà pactisé avec les verts. Laminé lui-même, il s’est retrouvé l’otage – et pas forcément à son corps défendant – d’une gauche qui l’a tenu pour responsable de l’élection du candidat diabolisé. Depuis, le groupe libéral au Conseil municipal de Vernier a mené une politique que même les plus centristes de leurs alliés jugent incompréhensible, voire inacceptable.
Déroulant le tapis rouge à une gauche déjà majoritaire, ils n’ont eu cesse de soutenir des projets aussi socialisants que les inutiles médiateurs de nuit (rebaptisés correspondants de nuit) ou de donner leurs bénédictions à toutes les élucubrations anti-automobilistes des verts. Une législature a d’ores et déjà été perdue, avec des dégâts conséquents ; n’en perdons pas une autre !
Alors, électeurs libéraux de Vernier, si vous revendiquez que la mobilité individuelle soit réellement défendue, si une baisse d’impôt vous semble naturelle dans une commune qui ne cesse d’enregistrer des bonis année après année, si vous estimez que votre sécurité ne croîtra qu’avec le retour de (vraies) patrouilles de (vrais) policiers attachés à un poste de quartier, votez pour ceux qui défendront véritablement vos valeurs. Le 13 mars et le 17 avril, franchissez le pas, votez UDC !
15:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : vernier, élection, conseil municipal, conseil administratif
07.02.2011
Patrimoine immobilier de l'Etat : A qui profite la fuite ?
Les rapports de l’inspection cantonale des finances (ICF) sont certainement parmi les documents les plus confidentiels que puissent avoir entre leurs mains les Députés. Au point que tous n’ont pas la chance de pouvoir les feuilleter : seuls les membres de la commission de contrôle de gestion (CCG), et parfois ceux de la commission des finances, y ont accès. Cette extrême confidentialité n’est pas sans raison. Ces rapports sont de véritables radiographies d’un département ou d’un service, une mise à nu des méthodes de travail. Ils sont là pour, lorsqu’il y a lieu, corriger le tir et non pour jeter en pâture aux médias les fonctionnaires. Cette extrême confidentialité explique l’effervescence qui a agité le Grand Conseil (et le Conseil d’Etat) après la fuite concernant le rapport sur le patrimoine immobilier de l’Etat la semaine dernière. Chacun accusant l’autre d’en être l’auteur. Alors qui a « balancé » ?
Dans un premier temps, le Président de la CCG, Eric Stauffer, a accusé les libéraux d’être les responsables de cette fuite pour mettre leur propre Conseiller d’Etat dans l’embarras. Possible sachant que le PLR est un véritable panier de crabes, mais peu probable à quelques semaines des élections municipales. En réponse, Mark Muller insinue que c’est le Président de la commission lui-même qui en est l’auteur. Certes, l’homme est coutumier du fait. Les SIG s’en souviennent. Mais cette version n’est guère plus vraisemblable. Stauffer sait parfaitement qu’en le nommant à la présidence de la CCG, nombre de Députés l’attendent au contour. Et il est trop rusé pour se faire piéger aussi facilement. Alors qui ?
L’ICF émarge au budget du département des finances. Mais il est en quelque sorte le bras armé de la CCG dans son travail. Travail de contrôle que goûte très peu (euphémisme) le Conseil d’Etat. D’ailleurs, durant la législature précédente, l’exécutif avait déposé un projet de loi visant à purement et simplement supprimer l’ICF, émasculant du coup la CCG. Les Députés avaient répliqué en annonçant vouloir la rattacher au service du Grand Conseil. Le Conseil d’Etat avait alors retiré son projet de loi. Peut-être est-ce dans cette vision de guerre des tranchées entre le législatif et l’exécutif pour la maîtrise des instruments de contrôle de l’Etat qu’il faut regarder cette dernière fuite. Après celle-ci certains Députés n’ont pas hésité à annoncer la mort de la CCG. Pas besoin d’être devin pour savoir à qui profite le discrédit jeté sur cette commission. Dorénavant, le travail tant de l’ICF que de la CCG va être beaucoup plus compliqué au sein du grand état. De là à penser que cette fuite proviendrait du Conseil d’Etat (ou de l’administration), il y a un pas que je ne franchirai pas. Mais comme dit Sherlock Holmes : « Après avoir éliminer l’impossible, aussi improbable que cela puisse paraître… »
16:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grand conseil, ccg, icf, fuite
14.12.2010
L'accueil extra-familial mérite mieux que l'IN143
La politique de la petite enfance est un sujet complexe. L’alternative a tenté, par le biais de l’initiative 143 « pour une véritable politique d’accueil de la petite enfance », d’y apporté une solution simple : un enfant = une place d’accueil. Mais à vouloir faire trop simple l’on devient simpliste.
Comme le rappelle le rapporteur de majorité sur l’IN143, François Gillet, la commission de l’enseignement, de l’éducation et de la culture n’a pas attendu que les socialistes et leurs alliés proposent cette modification constitutionnelle pour se pencher sur l’accueil extra-familial. Depuis des années, d’innombrables textes parlementaires lui ont été soumis, qu’elle a plus ou moins traités au cas par cas.
Il y a deux ans, devant cette avalanche continuelle de projets de loi et autres motions sur le sujet, la commission a décidé de changer de méthode de travail. Désormais, il se fait en deux axes et en trois temps. Les deux axes sont d’un côté l’accueil institutionnel, soit les crèches, et de l’autre l’accueil familial à la journée, ou dans le langage populaire les mamans (ou papas) de jour. Dans un premier temps, après une longue étude et l’audition de la quasi-totalité des acteurs du secteur, la commission a fourni ses recommandations – par le biais de la motion 1952 pour le premier axe et simplement orales pour le second – au Conseil d’Etat pour qu’il rédige deux projets de loi. Le deuxième temps de cette valse consistant en l’étude et la finalisation de ces projets. Ce que la commission fait actuellement pour l’accueil familial à la journée avec le projet de loi 10710. Enfin, le troisième temps consistera à se pencher sur l’opportunité de chapeauter le tout par un article constitutionnel.
Le travail est long, lourd et demande de la précision pour ménager toutes les susceptibilités dans un domaine où les acteurs sont incroyablement nombreux (éducateurs, directeurs, familles d’accueil, parents, Communes, Etat…) Mais la commission avance. On peut même dire que la plus grosse partie du travail est faite. Dès lors, l’initiative 143 arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, avec des propositions à la hussarde qui remettent en cause deux ans de travail. De plus, des pans entiers de la problématique, comme par exemple le financement ou les crèches d’entreprise, y sont totalement oubliés. Ce jeudi, la majorité du Grand Conseil la refusera donc, mais tous auront bien compris que ce n’est pas par mépris de ce sujet. Loin s’en faut. Par contre, le groupe UDC sera le seul à refuser d’y opposer un contre-projet. A nos yeux, si le travail législatif est bien fait – ce qui sera immanquablement le cas – l’article constitutionnel devient inutile.
L’initiative 143 n’est qu’une proposition parmi des dizaines d’autres dans le débat sur l’accueil extra-familial. Et de loin pas la meilleure !
08:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand conseil, petite enfance, éducation
26.11.2010
A quand un CSA helvétique ?
Hier en fin de soirée, deux émissions dites culturelles, mais traitant largement de politique, étaient diffusées simultanément. Sur France 3, dans « Ce soir (ou jamais !) », la discussion portait, par le biais de divers sujets, sur la politique économique en Europe en général et en France en particulier. Sur TSR1, dans « Tard pour Bar » les échanges se faisaient sur le thème de l’intégration des étrangers en Suisse. Si, en tant qu’élu genevois, j’aurais naturellement dû rester sur la première chaîne romande, ma conscience de téléspectateur m’en empêchait.
Premièrement, en raison de la qualité des intervenants. Malgré l’amitié que j’ai pour Guy Mettan, présent sur TSR1, force est de constater que les français étaient d’un autre calibre. Particulièrement les trois femmes présentes sur le plateau de France 3, dont Christine Ockrent, qui n’assénaient pas leurs vérités, mais expliquaient avec clarté et courtoisie leurs points de vue respectifs.
Ensuite, la différence quant à la manière de mener les débats par les animateurs était criarde. D’un côté, Frédéric Taddeï qui laissait longuement la parole à ses invités, se contentant de relancer intelligemment la discussion, et glissait avec finesse d’un sujet à l’autre. Sur la TSR, Michel Zendali, lui, interrompait sans cesse les intervenants, gesticulait et ne pouvait s’empêcher de donner son avis ; en un mot, il faisait son show.
Enfin et surtout, la disparité de la répartition des intervenants était flagrante. Chez Taddeï, trois invités représentaient le point de vue de l’économie. Trois autres, la gauche ou la société civile. Un débat équilibré. A contrario, chez Zendali, l’un des invités était littéralement livré en pâture aux cinq ou six autres (plus le présentateur) et aux téléspectateurs. Un véritable lynchage.
Pourquoi, au-delà de la qualité des débateurs, un tel contraste entre deux émissions pourtant fort semblables ? La TSR arguera, comme à son habitude, le manque de moyens. Elle arrive pourtant à réaliser d’assez bonnes émissions (« A bon entendeur », « Pardonnez-moi » et… c’est à peu près tout !) avec les mêmes ressources. En outre, équilibrer les forces en présence n’a rien à voir avec les moyens financiers. Il s’agit d’une ligne éditoriale.
Cette différence vient peut-être, et même surement, du fait que les chaînes de télévisions françaises sont sous la haute surveillance du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Elles se doivent donc de faire preuve de régularité et d’équité. A voir certaines émissions de la TSR, il y a fort à parier que nombre d’entre-elles se feraient régulièrement taper sur les doigts si un même organe indépendant existait chez nous. Dès lors, ne serait-il pas temps de prendre une petite partie de l’énorme pactole que payent les suisses par la redevance pour créer un CSA helvétique ? Par exemple avec les sept millions qui dorment sur les comptes de Billag…
09:58 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : tsr, billag, france télévisions, csa
11.11.2010
La loi sur l'accueil continu comprend-elle les cours d'appui ?
La loi constitutionnelle sur l’accueil continu, soumise au verdict des citoyens le 28 novembre prochain, permet-elle ou oblige-t-elle des cours d’appui ? Le débat fait rage sur ce site. Pour avoir participé au travail de la commission de l’enseignement, je souhaite apporter quelques précisions.
Avant toute chose et d’un point de vue purement politique, il est surprenant de voir les libéraux-radicaux faire de ces cours d’appui un argument de vente. En effet, comme le relève le rapport ( http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL10639.pdf ) en page 5, l’une des demandes préliminaires du parti libéral était de « distinguer l’accueil surveillé et continu des activités purement scolaires ». Apparemment ils ont changé leur fusil d’épaule.
Au-delà de cette incohérence libérale, la loi implique-t-elle des cours d’appui ou pas ? Il est vrai qu’en page 31 de ce rapport, dans les recommandations de la commission pour la rédaction de la loi d’application, la possibilité d’offrir des cours d’appui est indiquée. Ceci par la formule : « Que le temps scolaire peut se prolonger par des cours d’appui… » Insistons sur le « peut » qui n’introduit aucune obligation.
Alors, comment interpréter cette recommandation ? Il faut avant tout comprendre que, depuis la législature 2005-2009, la commission de l’enseignement s’efforce de trouver des consensus sur les sujets d’importance. Et l’accueil continu en fait partie. Dès lors, certains gages de bonne volonté ont été donnés. Cette recommandation en était un.
De plus, l’alinéa 3 de la loi stipule que cet accueil continu peut se faire en partenariat avec des organismes privés agréés par le Département. En faisant le lien entre ce point et la recommandation, on peut comprendre (et c’est ainsi que l’a interprété le groupe UDC) que des parents qui voudraient que leurs enfants suivent des cours de mise à niveau par le biais d’organismes privés puissent le faire. De même, les élèves qui suivraient un enseignement privé d’une langue supplémentaire (comme c’est le cas dans nombre de familles d’origine étrangères, et parfois suisses) entreraient également dans le cadre de cette loi.
Vu que cette loi est constitutionnelle, la commission a uniquement fixé les grandes lignes. Les cours d’appui n’y apparaissent donc pas. S’ils devaient être introduits dans la loi d’application, de manière systématique et par l’enseignement public, le groupe UDC s’y opposerait farouchement.
Pour finir, il convient de dénoncer le procès que fait l’extrême-gauche au parlement d’avoir dénaturé l’initiative originale. La loi qui est soumises au peuple est un contre-projet à l’IN141 qui a été retirée par ses auteurs. Personne ne les a obligés.
18:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand conseil, accueil continu, enseignement
10.11.2010
Vernier ? C'est où ?
Les citoyens et élus de Vernier ont souvent l’impression d’être incompris, voire traités par dessus la jambe, par les autorités cantonales. Ce que ces dernières nient évidemment avec la plus vive des énergies. Et pourtant…
Après le coup de force de la Fondation des terrains industriels pour déplacer l’entreprise Jeager & Bossard sur la Commune, contre l’avis de celle-ci, le site de l’Etat ( www.ge.ch ) nous annonce l’arrivée de médiateurs de nuit dans les quartiers des Avanchets et de Châtelaine-Balexert. Le problème ? C’est illustré avec une photographie du Lignon !
Voilà qui révèle le peu de connaissance bien inquiétant qu’a le Canton de la Commune qui m’est chère.
11:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vernier
08.11.2010
Mise au coin pour "Mise au point"
Plus jamais, m’étais-je dit il y a de ça un an et demi ou deux. Plus jamais je ne pourrirai la fin de mon week-end, m’énervant en regardant cette émission où certains reportages sont orientés (à gauche, très à gauche) avec de tellement grosses ficelles que le marionnettiste doit probablement se nommer Hulk (le géant vert, pas le footballeur). Je parle évidemment de « Mise au point » sur la SSR… ou TSR… ou RTS… enfin la chaîne d’Etat romande que nous subventionnons à coup de millions en trop. Mais, depuis trois semaines, j’ai craqué et n’ai pas zappé après le journal de 19 heures 30. Une première émission sans relever de contre-vérité ou de mensonge par omission. Une seconde de la même trempe, durant laquelle que j’en viens à me dire que la ligne éditoriale a vraiment changé. Mais hier soir, patatras, je les prends à nouveau la main dans le pot de (dé)confiture.
Le sujet, intitulé « Quand le travail est une illusion ! », était les entreprises d’entraînement. Celles-ci sont des sociétés commerciales où des chômeurs en manque d’expérience ou en reconversion professionnelle vont, comme le nom l’indique, s’entraîner, avec de vrais outils informatiques, logistiques et comptables. Seuls les échanges de marchandises et de capitaux sont fictifs. Pour « Mise au coin », pardon, « Mise au point » c’est l’entreprise « Oui-Start » à Genève qui leur a ouvert ses portes. Or, il se trouve, qu’il y a quelques années, j’y ai fait un stage. Durant celui-ci, j’ai pu me rendre compte de l’utilité de ce type de mesure pour nombre de personnes.
En premier lieu, pour ceux que l’on nomme les primo-demandeurs d’emploi. Il s’agit des jeunes gens, sortant diplômés d’une école (de commerce dans ce cas) et n’ayant pas trouvé de travail. Durant les quelques semaines de mon stage, pas loin d’une dizaine de jeunes ont signé un contrat de travail avec des entreprises de la place. Alors qu’auparavant, cela faisait plusieurs mois qu’ils cherchaient vainement. D’autres chômeurs, plus âgés, sont également visés par cette mesure : femmes au foyer cherchant un emploi suite à un divorce ou personnes ayant fait l’essentiel de leur carrière dans une niche économique, pour ne citer que deux exemples. Pour eux, un contact avec des technologies (informatiques en l’occurence) avec lesquelles ils n’ont jamais travaillé est indispensable avant d’imaginer un éventuel retour à l’emploi.
Malgré ces effets bénéfiques, « Mise au poing », pardon, « Mise au point » s’est évertué à tirer à boulets rouges contre les entreprises d’entraînement. Incompréhension de ma part. Puis un souvenir m’est revenu. Sous le logo de « Oui-Start » il est inscrit : « avec le soutien de la Fédération des entreprises romandes ». Et ça, pour les cocos de la tour du quai Ernest-Ansermet ça doit leur faire mal ! Se dire que le patronat aide les chômeurs à recouvrer un emploi de façon totalement désintéressée, c’est hors de leur système de pensée…
Post-scriptum : mes meilleures salutations à Madame Fabienne Savoy, directrice de « Oui-Start », qui ne ménage pas son énergie et son talent afin que nombre de demandeurs d’emploi sortent de cette période difficile, mais pas irrémédiable, de leur vie. Et qu’elle n’oublie pas que les émissions de télévision ne servent qu’à vendre les pages publicitaires qui les entourent. Peu importe la véracité et la qualité du contenu pour le diffuseur.
15:25 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tsr, mise au point, oui-start
04.06.2010
Respectons les votes
Depuis quelques saisons ma délicieuse femme s’est entichée de « la Nouvelle Star ». Emission de M6, où de jeunes gens bien propres sur eux viennent pousser la chansonnette avec plus ou moins de brio. Quinze au début, un candidat est éliminé chaque semaine par le vote du public et, le dernier debout, aura la chance de se voir offrir un contrat d’enregistrement.
Guère amoureux de M6 mais beaucoup de ma femme, je regarde, presque chaque mercredi, cette émission avec elle. Et, ayant quelque peu tripoté un instrument dans ma glorieuse jeunesse, je me prends au jeu de la critique de la prestation des candidats. Cette semaine, une jeune fille plutôt brillante, répondant de Lucie, eût le courage de reprendre « Highway to hell » d’AC/DC… Aie, me dis-je, on ne touche pas au sacré. Mais, là où certain m’aurais obligé à concentrer mon attention sur les musiciens, elle parvînt presque, par moment, à me faire oublier l’inoubliable Bon Scott. Presque. Toutefois, au milieu des trois autres candidats, Lucie sortait indiscutablement du lot, tant par son énergie que par sa technique vocale. A la fin de l’émission, le vote du public tombât : Lucie, éliminée !
Après la révolte d’un vote aussi absurde, j’ai fait la comparaison avec mon domaine, la politique, et ai mis mon poing dans ma poche. En effet, lors des dernières élections, combien de bons Députés ne furent pas réélus ? (Salutations à Mario et à Pablo, notamment.) Quelques autres par contre, bien moins efficaces, sont toujours là. Comme quoi le vote du public ou de l’électeur est parfois bien incompréhensible. Mais toujours à respecter.
11:19 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : m6, nouvelle star, politique
03.06.2010
Une question d’honnêteté
Les automobilistes se rendant à Lausanne par l’autoroute aux heures de pointe ont l’heureuse surprise de voir la chaussée s’élargir à trois voies dès Morges, en pouvant utiliser les bandes d’arrêt d’urgence (BAU). Certes la vitesse est limitée à 80km/h, mais la fluidité du trafic est ainsi assurée.
Par le biais d’une motion, votée le 17 décembre dernier, le Grand Conseil (genevois) a exprimé son désir que la même solution soit appliquée entre Coppet et la sortie vers Ferney. Cinq mois et demi plus tard, soit le 1er juin, le Conseil d’Etat, par le biais du très sympathique et médiatique secrétaire général adjoint chargé du domaine de la mobilité, nous annonce, qu’au mieux, rien ne verra le jour avant 2015.
La première raison est que l’office fédéral des routes (OFROU) doit tirer un bilan de l’expérience lausannoise à la fin de l’année. Si celle-ci s’avère concluante – ce qui semble être le cas pour tout automobiliste ayant fait le voyage de la capitale vaudoise – elle sera pérennisée et donnera la possibilité à d’autres localités d’envisager la même solution. Ce premier motif expliquant la lenteur de la démarche semble parfaitement valable.
Le second, par contre, est pour le moins surprenant. Il nous est dit dans le communiqué du Conseil d’Etat : « En complément de ce diagnostic mené par l'OFROU, la solution de l'ouverture à la circulation d'une BAU sur le territoire genevois doit aussi faire l'objet d'une analyse fine d'opportunité, compte tenu du contexte genevois particulier. En effet, l'autoroute traverse l'agglomération et comporte de nombreux tunnels, ainsi que des jonctions débouchant sur des axes urbains régulés par des feux de signalisation, qui doivent être à même d'absorber ce trafic. » Tout d’abord, le tronçon visé par la motion, soit entre Coppet et la sortie vers Ferney ne comporte aucun tunnel. Tout au plus un pont enjambe la chaussée après l’échangeur du Vengeron. Si cet ouvrage d’art devait vraiment poser un problème, il suffirait de permettre l’accès aux BAU que jusqu’à cette division de l’autoroute. Ce qui résoudrait déjà une bonne partie de l’engorgement en amont. Quant à l’argument des feux de signalisation, il est presque insultant pour nos amis vaudois. Oui, Mesdames et Messieurs du Conseil d’Etat, même en pays de Vaud ils connaissent l’électricité et ont aussi des feux de signalisation. Comme chez nous.
La réponse qui est fournie au Grand Conseil est clairement une manière de botter en touche, sans avoir le courage de dire que l’on n’en veut pas. Et, après la traversée du lac par les ferries, c’est la deuxième fois que la nouvelle magistrate en charge de la mobilité procède de la même manière. Alors soit l’on dit oui, soit l’on dit non et on engage le bras de fer avec le Grand Conseil. Mais pas « on verra » sachant qu’on n’en fera rien. C’est une question d’honnêteté.
10:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grand conseil, conseil d'etat, bau, autoroute
04.05.2010
Désarroi ou nouvel élan
Chaque année ou presque, le parti qui m’est cher vit un psychodrame. Sans remonter aux Calendes grecques, rappelons qu’en 2007, il y eut l’affaire dite de « l’affiche des inféconds », 2008 fut plus calme et en 2009 se fût l’encart de la « racaille d’Annemasse ». Aujourd’hui une conjonction de démissions couplée à un désir d’exclusion attise la curiosité et parfois la créativité journalistique qui, elle, sème le trouble chez les membres.
Le retrait de son poste de secrétaire général de la mémoire vivante de l’UDC-Genève qu’est Eric Bertinat était annoncé depuis un mois. Mais son départ réel intervient au moment où l’autre Eric, le Président Leyvraz, annonce sa démission pour une date ultérieure. Malheureuse coïncidence qui fait dire à certains que le parti est décapité et au bord du gouffre. Erreur ! L’UDC-Genève vit. Hier soir, le caucus des Députés s’est tenu dans une parfaite et consciencieuse ambiance, et dans une salle limitrophe les responsables communaux aiguisaient leurs armes en vue des élections du printemps prochain. Quelle activité, un lundi soir, pour un soi-disant macchabé ! Le parti vit et son sang, que sont les membres et les élus, fait son travail d’irrigation. Un des organes n’est certes pas en pleine santé, mais nous sommes encore très loin du cimetière.
Nous regrettons tous le départ d’Eric Leyvraz, mais nous le comprenons. Il est sorti épuisé de son année de présidence du Grand Conseil, comme l’ont été tous ses prédécesseurs et comme le seront tous ses successeurs. Reprendre un parti secoué par des élections peu glorieuses et l’affaire de l’encart cité plus haut qui avait exacerbé les tensions était une gageure. Pourtant, il a réussi à remettre l’UDC-Genève sur la bonne voie, dans le calme… Avant le week-end dernier.
Et justement par rapport aux secousses de ce week-end, comme lors de toute crise plus ou moins grave, il y a deux réactions possibles : soit l’on choisit le catastrophisme et sombrons dans le désarroi, soit l’on y voit une chance de trouver un nouvel élan. La première n’étant pas dans ma manière d’envisager la vie, reste la seconde. Cela fait plusieurs années que j’appelle à un rajeunissement de la direction du parti, à tirer un trait sur ces vieilles rancunes qui sont souvent le fait - osons le dire - d’avocats. Profitons de ce prochain changement de Président pour lancer une nouvelle génération aux affaires. Loin de moi l’idée de vouloir mettre les anciens au rencart. Leur expérience est irremplaçable et leurs expertises indispensables, mais comme le dit un proverbe russe : « les conseils des ainés éclairent sans réchauffer ». Et c’est bien de chaleur dont à besoin aujourd’hui la direction de l’UDC-Genève.
13:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : udc-genève
26.04.2010
Petite enfance : l'impasse ?
Actuellement, pas moins d’une dizaine d’objets consacrés à la petite enfance sont en attente de traitement par la commission de l’enseignement, de l’éducation et de la culture. Non pas parce que les Députés ne souhaitent pas y donner suite, mais en raison soit de l’attente d’une prise de position de l’Association des Communes Genevoises (ACG), soit du fait que de nouveaux projets (de lois ou de motions) sont continuellement déposés par des partis. D'ailleurs, depuis la rentrée de septembre 2009, la commission a passé presque l’intégralité de ses séances à traiter de ce sujet, avec en tout et pour tout des votes sur trois motions, débouchant sur une nouvelle motion de synthèse dont le rapport vient d’être déposé. Certes le changement de législature n’a pas fait activer les débats (la composition de la commission ayant été pratiquement totalement renouvelée, à l’exception de quatre membres), les discussions reprenant quasiment à zéro. Mais on peut également se demander si l’impasse actuelle ne sert pas quelques intérêts.
En effet, il m’a rarement été donné l’occasion de rencontrer un corporatisme aussi rigide que celui défendu par les professionnels de la petite enfance. Un exemple : depuis peu il est possible d’obtenir un CFC s’assistant socio-éducatif (ASE) permettant de travailler, entre autres, dans les institutions pour les plus petits. Mais, dans nombre de cas, les directions ne souhaitent pas les engagés en tant que personnel qualifié. A leurs yeux, seul un diplôme de haute école équivaut à une qualification ! Sachant que le prix de la place en crèche oscille entre 30 et 40 mille francs par an, cette vision étriquée est non seulement onéreuse mais surtout absurde car elle limite la création de nouvelles institutions. Les Communes l’ont bien compris en proposant une répartition de personnel équivalant à 50% de diplômés, 30% de CFC et 20% sans qualification. Dans la motion, sur proposition de l’UDC, la commission demande au moins 1/3 de diplômés et au moins 1/3 de CFC. Ainsi une plus grande latitude sera laissée aux directions tout en faisant une bonne place aux nouveaux venus titulaires de ce fameux CFC d’ASE. Mais quelques jours avant le dépôt du rapport, le PDC, le parti qui prétend défendre les familles, ne trouve rien de mieux que de venir avec un projet de loi faisant marche arrière sur ces proportions longuement discutées en commission.
Pour l’autre aspect de la garde d’enfants, soit les familles d’accueil à la journée, une loi a été votée voici trois ans par le Grand Conseil. En résumé très succinct, elle prévoit l’étatisation de cette activité par une affiliation obligatoire auprès d’organismes communaux. Ainsi, un salaire fixe sera garanti avec, en contre partie, la fiscalisation des revenus (sous l'ancien régime les mamans ou papas de jour n'étaient pas soumis à l’impôt). Mais à ce jour, mise à part dans quelques Communes, la loi n’est pas appliquée, l’ACG n’arrivant pas à mettre d’accord ses quarante-cinq sensibilités différentes. La commission de l’enseignement a plusieurs objets en suspens proposant soit un retour à la situation ante, soit l’instauration d’un chèque service pour cette activité. Ne voulant pas forcer la main aux élus communaux, elle attend depuis plus d’un an une décision, ou en tout cas une prise de position qui ne vient pas. Entre certaines Communes qui ne veulent pas de charges supplémentaires pour la petite enfance et celles qui considèrent que les crèches sont la seule solution, aucun compromis ne semble se dessiner. On peut être favorable à cette nouvelle organisation des familles d’accueil à la journée ou y être opposé, comme je le suis. Peu importe. Mais il est avant tout essentiel que les Communes s'expriment sur ce qu’elles veulent ou sur ce qu’elles peuvent. Quitte à prendre acte de l’impasse et à s’en remettent à l’Etat pour trouver une solution qui conviendra plus ou moins à tout le monde. Ne rien faire permet à chacun de faire ce qu’il veut. Ce qui n’est pas acceptable car discriminatoire pour certaines familles par rapport à d’autres suivant leur Commune de résidence. Certaines voix communales assurent qu’une solution sera trouvée dans les prochaines semaines. Espérons que cela soit plus qu’un vœu pieux…
En une législature, l’école primaire aura vécu un changement d’organisation et le cycle d’orientation a entamé une importante réforme. Par contre, en une décennie pratiquement rien n’a changé concernant l’accueil des plus petits : il manque toujours autant de places, la rigidité des normes rebute les entreprises à en créer et rien n’est fait pour que les familles d’accueil à la journée soient vraiment considérées comme une solution alternative efficace. Rien n'a changé excepté les coûts qui ont explosé !
13:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grand conseil, éducation, crèches
30.10.2009
Débat TdG : le résultat de la course
Suite au débat organisé par la Tribune de Genève mercredi soir, je m’autorise à un classement tout à fait subjectif et personnel des prestations – et non pas des programmes – des candidats.
1ers ex aequo : Charles Beer et Yves Nidegger.
Les deux ont été brillants tant dans leurs argumentations que dans leur maniement du langage. C’était clair, direct et précis. De plus, les petites piques et attaques étaient judicieusement placées et souvent empreintes d’humour.
3ème : David Hiller.
Là aussi le discours était limpide, la connaissance des dossiers profonde et l’humour présent.
4ème : Pierre-François Hunger.
Si PFH n’a pas été très visible durant la législature qui s’achève, en bon politicien il se réveille admirablement pour la campagne. Sa prestation a été convaincante.
5ème : Mauro Poggia.
Malgré son inexpérience politique, il s’en est remarquablement sorti. Et ceci dans un contexte rendu difficile par le thème ô combien sensible sur lequel il a dû débattre, la mobilité, et une salle loin d’être acquise à sa cause.
6ème : François Longchamp.
Fidèle à lui-même : peu enthousiasmant et assez terne. Moyen sur la sécurité, il a été meilleur lorsque que le débat est arrivé sur le thème du social. Heureusement, c’est son département !
7ème : Véronique Pürro.
Combative certes, mais elle n’a pas le brio de son colistier. Pour elle aussi le thème "sécurité et social" était à double tranchant : pas convaincante du tout sur le premier, elle a été nettement plus à l’aise dans le deuxième.
8ème : Mark Muller.
On attend toujours qu’il se révèle… Il en a le potentiel.
9ème : Eric Stauffer.
On s’attendait à un show. On a été déçu. Il a certainement voulu montrer qu’il pouvait être autre chose que le tribun tonitruant et gueulard du Grand Conseil, mais le costume de l’homme sage et pondéré ne lui va pas du tout.
10ème : Michèle Künzler.
Elle s’améliore mais il y a encore du boulot. Le discours n’est pas toujours très clair et l’argumentaire manque de construction.
11ème : Isabel Rochat.
La déception de la soirée. Elle paraissait vraiment toute petite, coincée entre Beer et Hiller. Tant visuellement qu'au niveau de la réthorique.
Enfin, s’il fallait mettre un mauvais point à un intervenant, il serait indiscutablement pour le médiateur qui était vraiment trop partial : des questions gentillettes pour ses favoris et de la provocation pour ceux qu’il n’apprécie pas. Désagréable.
10:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : élection, conseil d'etat, tdg
21.10.2009
Multiculturalité : enfin une chance de s'exprimer
Le plus grand bouleversement qu’ait connu la société helvétique lors de ces trente dernières années est incontestablement sa transformation en un pays multiculturel. La Suisse, et plus particulièrement Genève, a depuis longtemps été une terre d’accueil pour des populations étrangères cherchant une sécurité politique, religieuse ou économique. Jusqu’à la fin des années septante, les réfugiés provenaient essentiellement des pays limitrophes ou de la péninsule ibérique. Protestants français, juifs allemands ou ouvriers espagnols avaient la particularité d’avoir un profond enracinement en Europe occidentale, en ses valeurs et dans son histoire. Ils étaient culturellement proches – si ce n’est semblables – à nous.
Avec la révolution des moyens de communication et l’avènement des transports de masse, le monde est devenu, selon l’expression consacrée, un village. L’immigration a dès lors radicalement changé en s’élargissant à la totalité de la planète. Fuyant les conflits au Sri Lanka ou au Kosovo, les gouvernements brutaux vietnamiens ou chinois, ou encore la misère de l’Afrique subsaharienne, ces immigrés sont arrivés par vagues successives dans un laps de temps extrêmement court. En trois décennies, la Suisse est devenu un pays pluriethnique.
Alors que les citoyens helvétiques votent sur n’importe quelle broutille, ils n’ont jamais été appelés à se prononcer sur ce changement fondamental de notre mode de vie. L’initiative dites « des minarets » nous offre pour la première fois cette occasion, car son fond est bien plus culturel que cultuel. Voici enfin la chance pour les suisses d’exprimer leur opinion sur la multiculturalité et jusqu’où celle-ci peut aller.
15:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : votations, minarets, multiculturalité
30.09.2009
Dix à trois
Samedi 26 septembre a eu lieu le traditionnel match de foot gauche contre droite, organisé dans le cadre de la vogue de Veyrier. Devant une cinquantaine de supporters des deux camps, la droite l’a largement emporté par dix à trois.
Au-delà de l’aspect purement sportif, le résultat ainsi que l’engagement des joueuses et joueurs des deux équipes appellent quelques interrogations et remarques. Premièrement, le score est-il prémonitoire de l’élection au Grand Conseil du 11 octobre à venir ? Pour ma part, j’en suis convaincu !
Deuxièmement, vu les résultats lamentables du Servette FC, les dirigeants du club – qui n’a plus rien d’un phare mais bien plus d’une lanterne – auraient dû venir faire leurs emplettes de joueurs à Veyrier. Par exemple Mark Muller, qui a marqué six fois et qui est loin d’être assuré de sa réélection au Conseil d’Etat, remplacerait aisément deux ou trois attaquants grenats à lui seul. Cela permettrait ainsi à Niederhauser de jouer avec cinq ou six défenseurs, seule solution pour ne pas encaisser un wagon de buts à chaque match.
Enfin, pour voir des genevois qui mouillent leurs maillots, il fallait, samedi, être à Veyrier et non à la Praille. Une autre possibilité aurait été de faire jouer les Députés au stade de Genève et les tâcherons servettiens dans la bucolique campagne genevoise. Pour une fois, le stade aurait vibré de quelques exploits footballistiques…

L'équipe victorieuse accompagnée du Président du Grand Conseil Eric Leyvrat, du staff médical de charme et de l'arbitre Nicole Petignat
09:58 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : football, grand conseil, servette
24.09.2009
Hilarité urgente
Vendredi 18 septembre 2009, en fin d’après-midi, arrive le point 45 de l’ordre du jour du Grand Conseil. Une motion déposée par le MCG concernant l’école de Cressy. Le Président UDC au nœud papillon ouvre le débat. Personne ne demande la parole. Le Président attend quelques secondes. Toujours aucun Député ne presse sur le bouton rouge lui permettant de s’exprimer. Le Président passe au vote. La motion est balayée dans un grand éclat de rire.
Pourquoi cette hilarité générale ? Car, par six fois lors des séances précédentes, les Stauffériens ont demandé que cette motion soit traitée en urgence. Par six fois, ce fût un non cinglant. Par six fois, le refus fût suivi de vocifération dénonçant une soi-disant inconscience coupable de la part des autres partis, que seuls eux sont les porte-paroles des genevois, que cela se payera lors des prochaines élections et toutes les litanies habituelles. Mais, lorsqu’enfin le moment est venu de défendre sa motion, le gourou Stauffer fume tranquillement une cigarette hors de la salle ! Ses adeptes, eux, se regardent ne sachant que faire ou pianotent sur leurs PC.
En voyant des porte-paroles qui ne parlent pas, il y a vraiment de quoi s’esclaffer !
14:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grand conseil
23.09.2009
Votez !
Notre démocratie est malade. Malade de l’abstentionnisme, véritable peste devenue quasi incurable. Une preuve irréfutable sera établie dimanche prochain. Malgré un objet aussi important que la réforme complète de la loi sur l’imposition des personnes physiques (LIPP), il n’y avait, hier à 15 heures 45, que 28.71% de participation. Si, in fine, la moitié de l’électorat se prononce, nous pourrons être heureux.
Pourtant, l’impôt est le sujet par excellence qui touche tout à chacun. Que l’on soit contre cette refonte fiscale, en croyant les élucubrations des adversaires qui prétendent qu’il s’agit d’un cadeau aux riches, ou pour, convaincu avec raison que les familles y gagneront, tous devraient se sentir concernés et se prononcer.
Un an de travail en commission fiscale et un jour et demi de débat en séance plénière du Grand Conseil auront été nécessaires pour l’accouchement de la réforme la plus importante de la législature. Introduction d’un bouclier fiscal, baisse drastique de l’impôt pour les aînés et les familles (près de 50% en moins pour une famille monoparentale de la classe moyenne avec deux enfants !) ou actualisation du barème de l’impôt sur la fortune, tels sont quelques uns des points les plus notables de cette nouvelle loi. Ne sommes-nous pas tous concernés ?
Alors, genevoises et genevois, soignez notre démocratie : Votez !
10:52 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lipp, fiscalité, grand conseil
14.09.2009
l'intégrisme vert n'a pas de limite
La semaine dernière, un sympathique et vert Député écologiste lâchait sa bombinette électorale : il faut supprimer massivement les places de parking en surface. Son raisonnement, typique du cycliste nombriliste vivant au centre-ville, se base sur le fait que nombre de places à louer en sous-sol sont disponibles. Avec un naturel frisant la naïveté, il occulte allègrement que leur prix est souvent exorbitant, que Genève possède une grande banlieue depuis plus de quarante ans, sans compter une campagne depuis toujours, et que le libre choix du moyen de transport est garanti par notre Constitution.
Partant du principe que tout trajet en automobile a comme finalité le stationnement du véhicule, une suppression à grande échelle de places de parking peut donc être interprétée comme anticonstitutionnelle car elle empêche ce libre choix. Mais nous ne sommes pas dupes, cette proposition – fusse-t-elle énoncée avec bonhommie – est viscéralement anti-voitures. A l’heure où les places existantes s’évaporent quotidiennement et où les automobilistes sont tournés en bourriques en raison des travaux pour les nouvelles voies de trams, les écolo-bobos enfoncent le clou… Le clou du cercueil de la circulation – et par ricochet du commerce – au centre-ville.
Ce qui est nettement plus désagréable dans les propos de ce Député écologiste et vendeur de cycles (tient, n’a-t-il pas un intérêt direct et financier à voir disparaître les automobiles de la ville ?) c’est qu’il fait fi des deux tiers de la population du Canton qui ne vivent pas dans l’hyper-centre. En effet, comment demander à un habitant de Russin ou de Jussy de se rendre dans les rues basses pour faire ses achats à vélo ou en transport en commun ? Certes, c’est possible, mais dans les deux cas il faut une sacrée dose de courage ! De même, les banlieusards ont intérêt à avoir des horaires de bureau s’ils empruntent les TPG. Au-delà de minuit et demi, c’est plus d’une heure à pied que devra effectuer le meyrinois serveur de restaurant ou l’onésien employé d’épicerie nocturne pour rentrer chez lui.
Après l’anticonstitutionnel et le désagréable arrive le détestable. Lorsqu'un journaliste de la TdG relève que certaines personnes n’ont pas les moyens de payer 200 ou 300 francs par mois pour une place de parking en sous-sol, la solution des verts est simple et abrupte : pas d’argent, pas de place en sous-sol, pas de voiture. Etonnant… Voilà que nos écolo-gauchos donnent dans le darwinisme social ! Ou peut-être ne veulent-ils pas comprendre que, pour nombre de personne, l’équation est : pas d’auto, pas de boulot. Décidemment, l’intégrisme de certains élus verts genevois n’a pas de limite.
A contrario de cette proposition absurde, il faut maintenir coûte que coûte les trop rares places de stationnement encore existantes en surface, voire augmenter leur nombre. Pour éviter que les automobilistes ne tournent en rond. Pour éviter qu’ils ne polluent inutilement avant de tomber par chance sur place libre. Et pour que vive le commerce au centre-ville.
15:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : circulation, parking, genève
29.04.2009
Insécurité : la versatilité du centre
2009 est une année électorale. Il est donc normal de voir se multiplier les initiatives, projets de loi ou de motion, interpellations, pétitions et autres effets de manche de la part des partis politiques. C’est le jeu et tous les quatre ans cela se répète. Nous sommes habitués à cette médiatocratie où il faut être vu et lu pour atteindre le quorum et espérer peut-être gagner quelques sièges. Ainsi, les projets dits « coin de table » se multiplient : un article sort dans la presse et dans les deux jours qui suivent chacun y va de son texte sur le sujet. Pas d’action, mais de la réaction. Soit, encore une fois, c’est le jeu.
Depuis le début de cette semaine, l’insécurité et ses cohortes de désagréments, particulièrement dans les quartiers des Pâquis et des Eaux-Vives, font bouger le centre-droit. Rien que hier, le Président du PDC annonçait le dépôt d’interpellation urgente écrite au Grand Conseil et le PRD le lancement d’une pétition sur ce thème. Je ne peux que me réjouir que ces deux partis prennent enfin conscience du calvaire que vivent certains de nos concitoyens en raison du laxisme du Chef du Département des Institutions.
Toutefois pourquoi, tout au long de la législature, le centre-droit n’adopte-t-il pas la même position vis-à-vis de la violence urbaine et devenue malheureusement ordinaire ? Il y a à peine quelques semaines, il a fallu tirer les oreilles des radicaux pour qu’ils daignent voter un crédit plus que nécessaire en faveur de l’extension de la prison de Champ-Dollon. Et hier, son secrétaire général demande la construction d’un nouveau centre de détention… cherchez l’erreur ! De même, concernant le projet de loi pour interdire la consommation d’alcool sur la voie publique, tous les partis ont relevé que le problème existe. Que ces beuveries quotidiennes entraînent immanquablement de la violence. L’UDC a largement laissé la porte ouverte à un assouplissement de son texte. Mais la majorité a refusé d’entrer en matière et le rapporteur a assassiné le projet dans son rapport… c’est un PDC !
De l’électoralisme, tous les partis en font. Néanmoins, lorsque cet électoralisme va dans le sens de ce que pense majoritairement la population et a contrario de ses propres idées cela a un nom : le populisme.
11:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : udc, pdc, prd, insécurité



